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Ados mag n°003

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Kozerie  P5

  • Entretien avec youss Adé

«Je n’ai pas choisi de quitter le groupe H2O Assouka»

 

Ados Mag : Il est toujours intéressant de connaître le parcours d’un artiste

Youss Adé : Tout a commencé à l’école coranique d’où j’ai été sollicité par le groupe de rap H2O en 2000. L’année qui a suivi est sorti l’album «Origines» qui a fait un grand bruit, notamment avec le titre «Nao Nao». Nous avons participé au Masa en début 2003 à Abidjan et avons sorti le deuxième album « Biéwé » à la fin de cette même année. Puis ce furent le tour de Ouaga Hip Hop en 2004, du Festival de Bangui, des concerts live et plein d’autres choses.

A voir de près, tu as vécu de bons moments avec H2O et pourtant tu as quitté le groupe ?
Je n’ai pas choisi de quitter H2O tout comme je n’ai pas choisi de chanter. C’est mon destin et je l’ai suivi, c’est la vie. Mais en réalité, il faut reconnaître que c’est ce groupe qui m’a révélé au grand public. Autre chose est que le groupe voulait se limiter à quatre membres pour des raisons que j’ignore. N’empêche qu’on garde toujours de bonnes relations.

C’est ainsi que tu t’es lancé dans une carrière solo ? Raconte nous.
Ça n’a pas été facile à entamer parce que beaucoup de déceptions étaient à la carte et l’envie de continuer à chanter avait presque disparu. J’ai donc repris en attendant ma tâche professionnelle de caméraman et c’est quand j’ai lancé mon single («Ne me fais plus ça», Feat avec Kash) que Monsieur Abdel Hakim Amzat (LAHA) m’a alors interpellé et m’a proposé de faire un album. C’est ainsi qu’il m’a redonné le courage de reprendre véritablement le micro. Et c’est alors qu’il est devenu mon guide spirituel, en quelque sorte.

Et la suite ?
Il m’emmenait au studio travailler, chanter, me perfectionner. C’est vrai que l’album a mis un peu de temps pour sortir mais il faut dire qu’avec LAHA, c’est la recherche permanente de la perfection, c’est une perpétuelle remise en cause. Il veut toujours mieux et encore mieux. Finalement, l’album « Adja N’koro » est sorti et se porte très bien de l’autre côté du Nigeria.

Parce que la plupart des titres sont en Yoruba ?
Quelque part oui, mais il faut comprendre que je me sens très bien quand je chante dans ma langue, je trouve les mots justes. Je ne faisais pas mon album uniquement pour le Nigeria mais pour tout le monde. Et vous savez bien que le single qui n’est d’ailleurs pas chanté en Yoruba mais plutôt en Français et en Fon et qui figure sur l’album avait pris et a tenu pendant plus de 2 ans une bonne place dans les hits parades.
Cependant quand on écoute tout l’album «Adja N’koro», on constate que tu t’es écarté de tes premières amours, à savoir le Hip Hop, à part bien entendu le titre du single réalisé avec kash la Gabonaise.
Je suis promoteur des valeurs traditionnelles, depuis toujours, depuis H2O ce qui se ressent d’ailleurs sur tout mon album. Je n’ai donc pas changé mon style. Je fais de la musique moderne d’inspiration traditionnelle. C’est du «Ogbon style». Et je profite pour annoncer que je suis en préparation pour le Bénin cette fois-ci, d’un nouvel album où le Yoruba sera moins présent, avec un peu plus de Fon, Français et Mina…D’ici à là, le single sera balancé sur les ondes pour baliser la voie à l’arrivée de l’album qui aura les mêmes couleurs que le précédent. C’est une musique de recherche, un bon agencement de nos percussions et des instruments modernes.

Tu rêves de quoi pour ta carrière musicale ?
C’est d’abord effectuer la tournée nationale prévue pour décembre. Je veux aussi voyager, aller en Europe pour une tournée et ailleurs dans le monde, valoriser notre richesse culturelle. Pour le moment, je suis au sein de l’équipe technique de LAHA productions où je me perfectionne au poste de production, je suis au montage de clips et de films.

Et ta caméra, tu l’as abandonnée ?
Pas du tout ! Je continue de la traîner, c’est mon job !

 

 

  • Autour d’un pot avec AïFA 1000Y

« Sa ka pa étonné, c’est une affaire de famille »
 

Un premier album et déjà, le succès frappe à la porte des frères Aïnadou. Pour ceux qui ont eu le loisir d’écouter l’album « Sa ka pa étonné » de AïFamily, point n’est besoin de leur indiquer que les trois frères ont un bel avenir musical. Ce que confirme d’ailleurs le tabac que fait le titre éponyme « La cloche a sonné ». Pour vous, Ados Mag a rencontré vos chouchous. Autour d’un pot. Lisez plutôt !
 

 Ados mag : Que diriez-vous pour présenter le groupe ?

AïFa1000Y : Nous sommes un groupe de 3 frères qui ont décidé de faire de la musique. Il y a Calvin Aïnadou, spécialiste de la Basse, Cédric Aïnadou qui est à l’Orgue et Auriol Aïnadou qui est percussionniste. En un mot, c’est une affaire de famille. Donc, sa ka pa étonné quoi ! (Rires).

Vous débarquez avec un 1er album qui se comporte bien dans le showbiz, vous avez certainement une histoire ?
Tout est parti de la Chorale, à l’Église, puis dans une école de musique. La première sortie du groupe a été effective grâce à « Musigerme » d’André de Berry Quenum avec qui nous avons réalisé 3 singles dont un remix : le 1er, intitulé « Reviens » (compas), le 2è « Welcome » (compas) et le 3è« Bamba remix» (ragga).Après ces singles, il a fallu attendre 1 an pour assister à la sortie du 1er album. Et nous remercions au passage Ados Mag qui était à la fête de lancement de notre album.

Très peu de parents acceptent de voir leurs enfants embrasser la carrière musicale, qu’en est-il chez les Aïnadou ?
La plupart des parents au vu et au su de l’état de la musique au Bénin n’aiment pas voir leurs enfants s’adonner à cet art qui pourtant sous d’autres cieux nourrit bien son homme. Nous étions conscients de cet état de chose, et avons réalisé le 1er single à leur insu. Mais après, ils ont compris.

Pourquoi AïFa1000Y ?
Primo, parce que nous sommes d’une même famille. Secondo, c’est par souci de valoriser notre nom de famille qui est Ainadou et dont le diminutif est Aï+ Famille. Dans toute religion et dans toute société, la famille est sacrée.

Quelle est votre couleur musicale ?
Nous faisons de la compas, un rythme musical antillais qui se chante en créole.

Vous êtes allés si loin ; ce ne sont pourtant pas les rythmes qui manquent chez nous, pourquoi donc ce choix ?
Ce choix parce qu’au vu et au su des réalités du terrain, il fallait apporter quelque chose de nouveau. Cependant d’autre part, il faut dire qu’il y a également un attachement familial, puisque nous avons des parents qui vivent de l’autre côté de la Guadeloupe.

Et quels sont les thèmes que vous développez dans vos compositions musicales ?
La compas exige beaucoup plus du sentimentalisme. Nous parlons de la Femme, de l’Amour, du Sida, des Enfants placés dits « Vidomégons » etc. AïFamily dénonce également l’impérialisme européen qui a privé l’Afrique de ses bras valides.

C’est le message que vous livrez dans « La cloche a sonné » ?
Tout a fait. Cependant si nous avons composé cette chanson,c’est surtout par souci de faire réfléchir les dirigeants africains qui parlent tout le temps d’unité mais qui en réalité ne se comprennent pas,et qui cherchent plutôt à se mettre les bâtons dans les roues. Nous pensons qu’il est grand temps que les africains prennent conscience de leur retard énorme dans l’avancée du monde et qu’il faut enfin que l’Afrique se lève tel un seul homme pour donner de la voix !

Avez-vous un coup de cœur, pour conclure cette interview ?
Nous faisons un Big up aux lecteurs d’Ados mag, vous êtes vraiment proches des jeunes et des ados. Nous vous remercions pour tout ce que vous faites pour la culture béninoise en général et pour les artistes en particulier. Enfin, nous voudrions inviter tout le public béninois à consommer les produits nationaux afin de permettre aux artistes de mieux s’intégrer et de mieux harmoniser leurs œuvres.

 

Propos recueillis par Thieddy B. LAKOUSSAN et Serge ETCHRI

Pour écrire à Ados Mag

adosmag@yahoo.fr /Tél. (+229) 95961965 - 03 BP 1414 Jéricho (Cotonou) - BENIN

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