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Star découvertes - Art de la Scène
Compagnie
Sèmako-Wobaho

Il
n’est un secret pour personne que notre pays est compté parmi
les nations qui ont élu l’art dramatique au titre des priorités
culturelles. On n’en veut pour preuve que le Fitheb (Festival
international de théâtre du Bénin) qui, tous les 2 ans,
rassemble chez nous, plusieurs pays d’Afrique et du monde
.Ainsi, pendant plusieurs jours, l’art théatral est magnifié et
permet à des acteurs d’origines diverses d’unifier leurs
différences et de communier véritablement dans un même creuset
d’échanges. Cependant, s’il est vrai qu’il s’agit trop souvent
ici, dans le cadre du Fitheb, du «théâtre classique» réservé à
un public « d’intellos », il faut reconnaître qu’il se développe
depuis quelques temps chez nous un nouveau genre théâtral qui
accroche la grande majorité de la population à qui il ne rend
que justice. Il s’agit du « théâtre populaire » qui est raffolé
par la grande masse d’analphabètes ou de personnes à faible
niveau d’instruction. Et quand on sait qu’en Afrique en général
et chez nous au Bénin en particulier, cette catégorie de
personnes constitue la grande majorité de la population entière,
il est aisé de comprendre la percée de la compagnie
Sèmako-Wobaho. Avec à sa tête le duo Simplice Béhanzin (Pipi ou
Sissito) et Jean Pierre Zinko(Eléphant mouillé) ,cette compagnie
théâtrale connaît un succès épatant. Et pour cause ! Elle passe
au crible les maux qui minent le quotidien des familles
pauvres,les faits et réalités que vivent chaque jour les
modestes populations de nos villes et campagnes. Et mieux, à la
compagnie Sèmako-Wobaho, c’est la langue Fon parlée par une
forte majorité de Béninois qui est prisée à chacune des
représentations. Non contente des nombreux succès rencontrés au
cours de ses multiples représentations, la compagnie s’est
lancée dans la production de vidéo cd(Vcd) qui retracent dans un
style et un décor plus cohérents ses différentes scènes et qui
sont rendus accessibles à toutes les bourses. Ici encore,le
succès ne s’est pas fait attendre. De « Caporal Sissito » à «La
galère du fou»,en passa nt par« Et si c’était toi ? »,sans
oublier « La tentation de la foi», ou encore la dernière
création en date, «Les rois du boukan», la compagnie «Sèmako»
qui est à son 9ème vcd,caracole dans les ventes de productions
audiovisuelles et multiplie ses tournées dans plusieurs villes
du Bénin.
La difficile conquête du marché extérieur
Cependant aujourd’hui, confrontés à la concurrence des téléfilms
et autres sketches de fou-rire,surtout ivoiriens déversés sur
nos marchés à vils prix par les circuits pirates, Pipi, Eléphant
mouillé et leurs acolytes ont entrepris d’y aller eux aussi en
français, dans le but certainement d’élargir leur audience et
d’exporter leurs productions qui jusque-là, ne dépassent pas
vraiment les frontières du Bénin. Mais ceci crée assez de
difficultés car, en réalité, les principaux comédiens de cette
compagnie n’ont pas un niveau intellectuel assez élevé. Les
difficultés se ressentent dans les différents rôles des
comédiens qui, à mesure de s’efforcer au français perdent tout
leur jeu naturel dans les scènes. Ce qui inquiète leurs fans et
admirateurs et fait dire à certains que la compagnie
Sèmako-Wobaho gagnerait beaucoup en restant dans sa ligne de
bataille, en usant du théâtre populaire pour sensibiliser la
majorité des Béninois qui ne comprend pas grand-chose ou rien à
la langue de Molière. En tout cas, il est important pour la
compagnie de revoir sa stratégie afin de ne pas perdre sa
notoriété et ses fans. Ce qui est certain, Pipi et Eléphant
mouillé ainsi que leurs acolytes ont besoin du soutien des uns
et des autres pour continuer et mener à bien leur noble besogne
qui vise à répandre la bonne humeur dans les foyers, tout en
faisant prendre conscience aux populations des divers maux qui
minent leur quotidien et qui ont pour noms : l’incivisme, la
méchanceté gratuite, la gabegie, la polygamie, le vol…
Propos
recueillis par
Chico Marcos
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